Taling :

                                                            POP’ART 2008...?  E_0803_003_TALING_SITE                                            

Dans une petite galerie, près de Beaubourg, la « Art Partner Galerie », est exposé Taling avec sa première exposition personnelle : « Junk food !? ».

Composées dans des cases verticales, façon bandes-dessinée, Les icônes  de la culture Mangas, comics, et franco-belge se superposent sous des amas de produits alimentaires aux couleurs « flashy », acidulées.

Les compositions sont surchargées, les couleurs sont saturées et le thème de l’alimentaire toujours situé au premier plan comme si les personnages allaient se noyer dedans, évoque la surenchère, la suffocation. Chaque aliment, ou gélules peintes sont des représentations de l’addiction constamment présente dans la société actuelle. Leurs couleurs tendres, appétissantes et à la fois saturées, chimique, dénué de toute essence naturelle attire le regard pour mieux repousser l’envie.

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Avant d’aborder le message possible de ces œuvres, il est intéressant de s’attarder quelques minutes sur la facture de ces peintures. Les compositions sont relativement répétitives, récurrentes. On se lasse tout de même un peu, mais admettons que cette répétition soit un parti pris. Le « rose bonbon » est une couleur qui se retrouve à peu près sur toutes les toiles, évoquant tantôt la gourmandise, tantôt la chair, le plaisir charnel, tous deux provoquant l’addiction chez l’Homme moderne.

                                                                                     

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Si on aborde la question de la technique de dessin ou même de graphisme, on peut noter alors que le traité n’est pas complètement fidèle aux styles reproduits. L’ensemble peut paraitre manquer   de finition par rapport aux attentes d’un public connaisseur. Encore une fois, on peut se questionner sur un éventuel parti pris mais je n’ai perçu qu’un manque de maitrise. Le genre du Mangas et du comics sont des styles graphiques dans lesquels j’ai évolué comme l’ensemble de ma génération d’ailleurs. Ce ne sont, par conséquent, en aucun cas des thèmes que je dénigre ou bien méprise. Bien au contraire. Ce sont tous deux des styles graphiques, et je dirais même des cultures à part entière. D’autres avant lui ont pris le risque de présenter des icones, des références visuelles contemporaines dans des lieux institutionnalisés de l’Art. Nous pouvons citer Lichtenstein, ou bien Andy Warhol. Mais dans les séries d’Andy Warhol, la composition, les couleurs sont maîtrisées. Dans les toiles de Lichtenstein, le trait est parfaitement fidèle aux références iconographiques.

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Que veut donc nous dire Taling? Est-on face à une " extension" du POP’ART ?

En chargeant ainsi ses compositions, en les ornant de gélules, de nourritures malsaines, référence au titre de l’exposition  « junk food !? », il est évident que Taling nous offre ici un constat de la société actuelle : Nous sommes dans une société de consommation, qui elle-même, surenchérie les moyens de nous pousser à l’addiction. Pour pouvoir faire de l’Homme un bon consommateur, il faut le rendre dépendant, le droguer. C’est un constat que nous faisons tous et qui a été fait déjà par le passé.
Il y a également une rencontre des cultures, clairement opposées malgré une mondialisation grandissante : le Japon, l’Europe et les Etats-Unis.

On peut alors imaginer qu’ayant évolué moi-même dans ces univers graphiques, il m’est difficile de trouver un quelconque intérêt à la démarche de l’artiste. Je l’admets et tente donc de rester le plus objective possible devant ces productions.  Qu’ont bien pu penser les spectateurs des années 1950 face aux toiles Pop de Lichtenstein ? Sans doute ont-ils eu la même réaction que moi. Mais on peut penser justement, que ayant pris connaissance de ce mouvement, l’audace, le choc visuel n’est plus si remarquable, si offensante pour le monde de l’Art, ni pour les spectateurs d’ailleurs. Une production artistique prend tout son sens dans un contexte social précis.
Mais lorsque je regarde les toiles de Taling, j’ai beau cherché, je n’ai rien trouvé. Le POP’ART a déjà été visité, le message est là mais il est déjà dans toutes les têtes. On peut alors regarder ces productions comme le témoin culturel d’une génération en train d’évoluer, cela peut paraître satisfaisant, moi cela ne me suffit pas.

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