Maurice de Vlaminck (Paris 1876, Rueil La Gadelière 1958) est au Musée du Luxembourg jusqu'au 20 juillet (9 euros tarif réduit et ya du monde!)
Un lieux toujours aussi charmant, mais un musée toujours aussi petit!

Je ne connaissais pas l'Oeuvre de Vlaminck, et me voilà projetée devant des toiles pleines de couleurs, expressives, impressionnantes de force pour leur (plutôt) petite taille. Ses couleurs sont parfois pétillantes, contrastées. Vlaminck joue beaucoup sur les complémentaires. On nous indique qu'il peignait vite, comme pour capter l'instant à tout pris, et je trouve qu'il a bien réussi à retranscrire le vivant des choses qu'il représente (il peint des portraits, des paysages mais aussi des natures mortes pourtant vivantes). Dans Paysages et Personnages il écrit: " Venir devant la nature pour se servir du "sujet" et le défigurer, le transposer pour le rendre méconnaissable". C'est vrai que sa touche mouvementée, marquée par la peinture pâteuse, frôle parfois l'abstrait. La toile Fleur, symphonie en couleur (1905) en devient une composition quasi abstraite et décorative (et je ne dis pas ça négativement!)
à noter mes préférées( qui sont introuvable en carte postale ou sur le net comme d'ab): Vue de Chatou (1906) pour ses turquoises, ses roses pastels et ses rouges orangés, une composition que je n'aurais jamais osé, et pourtant j'ai trouvé ça extraordinaire, comme quoi les couleurs n'ont pas fini de nous émouvoir...
Les coteaux à Malmaison (1907) surprend par ses bleus et son jaune pâle si vif... Et ses natures mortes sont toutes aussi étonnantes. Ci-dessous Le verger (1905) et un exemple de nature morte haute en couleur:
vlaminck_verger   Vlaminck_nature_morte                                                                                                             
Et là... l'expo change, c'est toujours Vlaminck mais je ne le reconnais plus, à partir de 1909-1910... Une sorte d'essai cubiste, fade... Qu'est-ce qui lui ait arrivé? Quand on a gouté aux couleurs subtiles et à la fois choquantes, et qu'on arrive vers la fin de l'expo devant des paysages entrecoupés de dégradés grisonnants on en sort comme affaiblis, affaiblis de la perte de la vie jusqu'ici riche en couleurs. Il est compréhensible que le peintre ai voulu évoluer, qu'il avait peut-être la sensation d'avoir fait le tour, mais son évolution est décevante lorsqu'on a pris le temps de s'attacher à la force de ses premières toiles. En diluant la peinture et en essayant d'être plus représentatif il perd en émotion.
L'expressivité fauviste aura donc été de courte durée (et la courte exposition nous l'arrache cruellement) mais fort productive.

mARThilde